A Failure is just a bitter Victory

Moi, tout ce que je vois, c’est que t’es pas là. T’es à l’hôpital, pour quelques jours. C’est tout ce que j’ai en tête. Karine dit que c’est pour faire des examens. Je sais. Mais t’es pas là. T’es pas avec moi, à la maison. Tu ne dormiras pas à côté de moi. Je vais devoir te rendre visite dans une chambre d’hôpital, dans un service où des gens meurent tous les jours. C’est horrible. Tu me manques. Et je ne peux pas m’empêcher de m’inquiéter.

Maman repart. Je l’ai à peine vue. Je ne la reverrai pas avant longtemps. Et elle me manque déjà. C’est dur. C’est tellement dur. J’aurais aimé passer plus de temps avec elle, je n’ai jamais le temps de profiter suffisamment. J’ai peur de ne pas pouvoir profiter assez tant que je le peux…

Et le petit bébé. Le petit bulbe. Je ne sais pas quoi en dire. Ca fait trop pour moi. Est-ce qu’il est atteint ? Est-ce qu’on va devoir lui dire adieu ? Cette inquiétude que je refoule, je me demande si je pourrais supporter de la ressentir toute ma vie. Toute ma putain de vie, je vais m’inquiéter pour vous. Pour toi, et peut-être pour lui. Je m’inquiète à cause de toi, je m’inquiète parce que je ne sais pas si le bulbe est normal. Et s’il l’est, ô pitié je veux qu’il le soit, je m’inquiéterai pour les toutes les décennies à venir. Comment peut-on vivre avec une telle peur de perdre les gens qu’on aime, sa famille ?

Je veux dormir, te savoir et te sentir là, près de moi, en bonne santé. Je veux savoir que le bulbe va bien et arrêter de rêver que je le perds. Je veux paisiblement me reposer. A croire que plus jamais le sommeil ne sera paisible. Paisible est un mot que je ne connais plus. L’amour c’est l’inquiétude. Et Dieu sait comme je peux vous aimer.

Quoi qu’il puisse arriver, tu étais là. Tu es là. J’espère tellement… Je veux juste que ce soit une grosse frayeur, ok ?

3.6mm

Echographie vendredi *ô joie*.
Malade depuis vendredi. Mais qu’est-ce que j’ai ? L’impression d’avoir de la fièvre mais quand je prends ma température, je n’ai rien de spécial. J’ai des courbatures partout, j’ai mal à la peau, mal à la tête. J’ai rendez-vous chez le médecin et j’espère qu’elle trouvera ce que j’ai. J’ai l’impression de passer ma vie chez le toubib. Et aux prises de sang, que je dois encore faire aujourd’hui.

Le beau temps est revenu. Le beau temps est revenu ! L’été arrive. Je suis tellement contente. Je suis tellement amoureuse du beau temps… 

Amour visite un appartement aujourd’hui. Parce que bientôt nous serons trois. Ça me paraît évident et en même temps si étrange. Bientôt nous serons trois. Trois.

1er mars

J’ai grave envie de la salade d’Amour à base de pâtes tricolores, tomates cerises, jambon, fromage et herbes. Mais on n’a ni tomates cerises, ni jambon, ni fromage. Ca devient compliqué…

La Panique. Dans ce qu’Elle a d’effrayant et d’étouffant. La Panique. L’Angoisse. Qui te submerge au-delà de ce que tu peux supporter. Et tu ne sais pas pourquoi. Mais Elle est là. Elle griffe ton esprit, Elle est pernicieuse. Et tu n’y échappes pas. Elle fait monter les larmes aux yeux et tu es prête à jeter tout au feu pour qu’Elle te quitte. Qu’est-ce que tu vas devenir si les craintes qu’Elle distille en toi deviennent des vérités ? Ta vie sera foutue.

Tic tac. Tic tac. Je ne veux pas savoir. Comment en arriver là et ne pas vouloir savoir ? La peur de l’échec est probablement la peur la plus difficile à affronter, hum ? Le résultat final de mois et de mois de questionnements, d’espoirs, de colère, de tristesse, d’envie. Et si tout était à recommencer ? Et si pire ! J’avais réussi ? 

Starbucks. Géopolitique. Corée du Nord. Cigarettes. Comics. Captain Marvel. Muffin tout chocolat. Chocolat chaud. Froid. Cigarettes. Rires. Saint-Lazare. Salazar. Kevin Costner. Resident Evil. Freddy. Jason. La Colline a des yeux. Boulot. Esclavagisme. Swarovski. Abus. Décathlon. Pantaln. T-shirt. Rires. Métro. Maison.